Économie : le 11 janvier 1994, le jour où le franc CFA perdait 50 % de sa valeur

Le franc CFA est la monnaie que partagent 14 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre depuis l’accession aux indépendances. Mais, cette monnaie a connu une dévaluation de 50 % le 11 janvier 1994. Cette situation a eu une grande répercussion sur l’économie de la zone.

Depuis 1948, les colonies de la France en Afrique utilisent le franc CFA comme monnaie. Le sigle CFA qui signifiait Colonies Françaises d’Afrique deviendra la Communauté Financière d’Afrique après les indépendances. La France assure la parité de cette monnaie arrimée au franc français puis à l’euro. Toutefois, après un statu quo de plus de 46 ans, le gouvernement d’Edouard Balladur, premier ministre français de l’époque, décida la dévaluation du franc CFA.

En effet, en date du 11 janvier 1994, la monnaie commune aux 14 pays africains, dont le Tchad, perdra 50 % de ce qu’elle valait quelques heures plus tôt. Dorénavant, 100 francs CFA ne valaient qu’un (1) franc français. Les effets ont été très vite ressentis dans la zone. Les importations sont devenues plus onéreuses pour les agents nationaux, ce qui accélère l’inflation. À court terme, cette situation a eu un effet négatif sur la production et le pouvoir d’achat. Cette dévaluation a d’un autre côté été « salutaire sur l’évolution des prix à la production et à l’exportation », selon le site Africa Bib.

« Les chefs d’État et de gouvernement de la zone UMOA (Union monétaire ouest africain) et BEAC (Banque des États de l’Afrique centrale) ont marqué leur accord pour modifier la parité du franc CFA, qui s’établit désormais à 100 F CFA pour 1 FF », telle fut la réaction des présidents de cette zone en date du 11 janvier 1994. Cette déclaration a été lue à Dakar par le ministre camerounais des Finances, Antoine Ntsimi. Une dévaluation qui n’est pas sans conséquence.

Jugé comme un instrument de servitude par de nombreux activistes africains tels que Kemi Seba ou Nathalie Yamb, le franc CFA est de plus en plus contesté dans sa zone et au-delà. Parmi les politiques, le défunt président du Tchad, le Maréchal Idriss Deby Itno disait qu’« il faudra avoir le courage de dire que le moment est venu de couper un cordon qui empêche l’Afrique de décoller ».

Fort de ce constat, les pays ouest-africains ont décidé de lancer leur propre monnaie appelée Éco mais ils n’arrivent pas à concrétiser ce rêve. En zone CEMAC, aucune avancée n’a été envisagée.

Quitter la version mobile