Tchad : quelles mesures face aux défis économiques ?

A general view of a street in N'Djamena, Chad, on April 21, 2021. - In the aftermath of the death of Chad president Idriss Deby Itno, who ruled the poor Sahel country with an iron fist for three decades, his 37-year-old son Mahamat Idriss Deby has quickly emerged as the new strongman. On April 20, 2021 Mahamat immediately took charge of a transitional military council, appointing 14 of the most trusted generals to run Chad until "free and democratic" elections promised in 18 months' time. (Photo by Djimet WICHE / AFP)

L’économie du Tchad est impactée par plusieurs facteurs : le taux de pauvreté, les variations des investissements et les aléas climatiques qui mettent à mal les principaux secteurs. Face à ces défis, le renforcement des appuis nationaux et internationaux devient nécessaire.


En 2024, le Tchad connaît une hausse conséquente de l’inflation, causée majoritairement par l’augmentation du prix des denrées alimentaires de première nécessité, et des transports. Selon les chiffres de la Banque mondiale en octobre 2024, le taux d’inflation
devrait passer d’une diminution à 4,1 % en 2023 à une hausse estimée à 6,5 % l’année suivante. L’économie tchadienne est aussi impactée par la guerre civile au Soudan : plusieurs milliers de personnes réfugiées ont besoin d’aide et de dispositifs d’insertion. Face à l’inflation des produits alimentaires, le gouvernement établit des mesures pour baisser les prix, mais cette solution est contestée par certains commerçants. La baisse des prix pourrait selon eux nuire à leur activité. Le ministre Guibolo Fanga Mathieu
invoque l’importance de porter les investissements dans les produits locaux, afin de moins dépendre de l’importation.

Le Tchad fait également face à un taux élevé de chômage, qui impacte particulièrement les jeunes. Trouver un emploi après les études et l’obtention d’un diplôme devient une épreuve, souvent parce que les offres d’emploi ne correspondent pas aux domaines de formation. Beaucoup de jeunes sont obligés de se tourner vers le « secteur informel », un poste qui ne garantit aucune protection sociale et offre un salaire très faible. Selon l’UNICEF, près de 12 % des jeunes bénéficient d’« une formation technique ou professionnelle ». Parmi les secteurs économiques les plus importants pour l’économie du pays, il y a les ressources pétrolières, confrontées aux variations des investissements et du prix du baril, et qui représentent une partie conséquente du PIB. Il y a également le secteur agricole, durement soumis aux aléas climatiques, à la sécheresse et l’aridité des sols. Cette dernière ne permet pas une évacuation de l’eau suffisamment rapide lors des fortes pluies, ce qui entraîne des inondations aux conséquences désastreuses. Elles détruisent les cultures, anéantissent le bétail et augmentent le risque d’insécurité alimentaire.

L’importance des partenariats nationaux et internationaux

Pour pallier le problème du chômage, plusieurs associations se mobilisent et mettent en place des programmes divers. C’est le cas de l’Association des Leaders pour le Développement Durable (ALDD), initiée le 1ᵉʳ février. Grâce à une sensibilisation sur plusieurs domaines comme l’environnement, l’éducation, l’insertion en société, l’association a pour objectif d’améliorer les conditions des jeunes pour trouver un emploi. Elle s’occupe également des personnes vulnérables en les aidant à mieux s’insérer dans la société. La Fédération Nationale des Artisanats du Tchad (FENAT) et l’Association Bet- Al-Nadjah initient en mars une formation sur les démarches à accomplir pour les jeunes entrepreneurs. Trente jeunes diplômés sans emploi en bénéficient. La FENAT rappelle l’importance du soutien financier afin d’aider les nouveaux entrepreneurs à construire leur activité, et de contribuer au développement économique du Tchad. Un meilleur accès aux financements pour les entrepreneurs, la dispense de formations qui répondent mieux aux offres d’emploi et l’investissement dans le domaine numérique pourraient aider à faire chuter le taux de chômage.

Depuis la période de transition, le gouvernement instaure plusieurs plans pour maintenir une situation politique et sécuritaire stables. Face aux conflits frontaliers et aux nombreuses demandes d’asile, le partenariat avec l’Union Africaine et les différentes ONG qui viennent en aide aux réfugiés est l’une des solutions les plus favorables pour pallier le défi économique. Le Fonds Monétaire International appuie sur l’importance d’investir dans plusieurs secteurs économiques.

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