Le jeudi 3 avril 2025, à Pala, chef-lieu de la province du Mayo-Kebbi Ouest, un mur d’une salle de classe s’est effondré sur les élèves en pleine composition. Le bilan est lourd : cinq élèves morts, d’autres blessés, des familles effondrées, une ville sous le choc. Ce drame, d’une cruauté insoutenable, n’est pas une fatalité. Il est le fruit d’un laisser-aller systémique.
Comme à chaque tragédie, les autorités se sont relayées pour pondre les communiqués. Le ministre de l’Éducation, le premier ministre et même le président de la République pour déplorer le drame. « Une enquête sera ouverte pour déterminer les responsabilités », peut-on lire çà et là dans les communiqués.
En réponse à cette catastrophe, le Premier ministre, Allah Maye Halina, s’est rendu le 4 avril à Pala. Accompagné de membres du Gouvernement et de son Cabinet. Il est allé présenter les condoléances du Gouvernement aux familles endeuillées : poignées de main, mines graves, déclarations de circonstance et promesses de mesures. « Cette visite nous laisse comprendre que le danger était prévisible, mais il nous a seulement échappé. Plus jamais nos enfants ne mourront dans cette condition. Une enquête sera ouverte pour déterminer les responsabilités », dixit Allah-Maye Halina. Mais que valent les mesures après l’irréparable ? Que valent les mots quand les corps des enfants sont déjà sans vie sous les briques d’un système éducatif qui s’effondre bien plus que les murs ?
Ce qui s’est passé à Pala est le reflet d’une réalité nationale : l’état déplorable des infrastructures scolaires. A cela vient s’ajouter le système éducatif même qui est en agonie. Des écoles de fortune pour des enfants qui rêvent d’avenir. Ironie tragique.
Il est temps d’agir avant les drames, pas après. Il est temps d’arrêter de pleurer les morts quand on aurait pu protéger les vivants. Il est temps que l’État assume son rôle. Chaque salle de classe devrait être un sanctuaire d’apprentissage, pas une menace mortelle.