Quelque 500 personnes ont manifesté vendredi, 4 avril 2025 à Bangui pour dénoncer leurs conditions précaires de vie et dissuader le président Faustin Archange Touadéra de prétendre à un troisième mandat.
Cette manifestation est « historique » car cela fait « plus de 20-25 ans que ce n’était pas arrivé », souligne Martin Ziguélé, 68 ans, président d’un des principaux partis d’opposition, écharpe de député en bandoulière et bracelets aux couleurs centrafricaines.
« Un 3ᵉ mandat » du président Touadéra aux élections de décembre 2025 est « anticonstitutionnel », insiste le chef de file du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC) devant la foule à l’issue du rassemblement organisé par le « Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) de mars 2016 » sur une des principales artères de Bangui, la capitale.
La manifestation, encadrée par un important dispositif de policiers et gendarmes, soutenu par la mission de maintien de la paix de l’ONU (Minusca), s’est dispersée sans incident. Elle avait été dans un premier temps interdite par le ministère de l’Intérieur, puis autorisée par le président Touadéra.
Dimanche, lors d’un discours marquant le 9e anniversaire de son investiture, le chef de l’Etat a assuré être « sensible aux préoccupations d’une partie de l’opposition démocratique […] qui sollicite un dialogue politique » tout en fustigeant le ton des requêtes et leurs « menaces à peine voilées ».
Le dialogue est un préalable pour le BRDC pour participer aux élections municipale prévues en août puis aux législatives et présidentielle de décembre. « Nous voulons des élections inclusives et transparentes », insiste Martin Ziguélé.