Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a remporté un troisième mandat avec 89,6 % des voix dans le pays le plus peuplé du monde arabe, a annoncé lundi l’autorité électorale nationale.
Le résultat du scrutin du 10 au 12 décembre était largement attendu après que l’ancien chef de l’armée, passionné par les mégaprojets d’infrastructures, ait fait campagne contre un petit champ d’inconnues relatives.
Il assure à Sissi, 69 ans, son troisième et, selon la Constitution égyptienne, son dernier mandat, commençant en avril et d’une durée de six ans. Sa victoire intervient malgré une crise économique douloureuse, marquée par une chute de la monnaie et une flambée des prix des ménages, et des tensions régionales accrues déclenchées par la guerre entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza voisine.
L’inflation annuelle s’élève à 36,4 %, faisant grimper les prix de certains produits alimentaires de base chaque semaine et nuisant aux budgets des ménages dans ce pays de près de 106 millions d’habitants. Même avant la crise économique actuelle, environ les deux tiers de la population égyptienne vivaient au niveau ou en dessous du seuil de pauvreté.
Une décennie de répression contre la dissidence a éliminé toute concurrence sérieuse pour Sissi, le cinquième président égyptien à émerger des rangs de l’armée depuis 1952. C’est la troisième fois en une décennie que Sissi remporte une victoire écrasante, même avec sa plus petite marge. En 2014 comme en 2018, il avait remporté plus de 96 % des voix.