La Mission internationale indépendante d’établissement des faits de l’ONU pour le Soudan a appelé, le 23 juillet 2024, la communauté internationale à intensifier d’urgence ses efforts pour mettre fin à la guerre au Soudan. Et ce, en soulignant que les témoignages montrent que les violations des droits de l’homme gagnent du terrain.
La mission internationale indépendante de l’ONU déclare avoir documenté « des schémas inquiétants de graves violations des droits de l’homme » au cours d’une mission de trois semaines au Tchad. Les réfugiés rencontrés lors de cette visite ont décrit les violences auxquelles ils ont été confrontés et qui les ont poussés à fuir le Soudan. Ils ont raconté « des actes horribles de meurtres, de violences sexuelles et de viols collectifs ».
Selon les experts onusiens, ces violences semblent avoir lieu pendant la captivité et la fuite des femmes et des filles. Parfois, il s’agit de « punir » une femme qui défend activement sa communauté. D’autres fois, il s’agit d’un acte aléatoire et opportuniste. « Les témoignages des victimes de violences sexuelles ont été décourageants », a déclaré Mona Rishmawi, membre de l’équipe d’experts. « Ces actes brutaux doivent cesser et leurs auteurs doivent être traduits en justice. Les victimes ont également besoin d’un soutien physique et psychologique solide dont elles ne disposent pas actuellement ».
Détentions arbitraires, tortures ou disparitions forcées
Les réfugiés soudanais au Tchad ont également dénoncé des détentions arbitraires, tortures, disparitions forcées, pillages, incendies de maisons et l’utilisation d’enfants soldats. De nombreuses violations semblent viser particulièrement les professionnels tels que les Avocats, les défenseurs des droits de l’homme, les enseignants et les médecins.
« J’admire le courage des nombreuses veuves que nous avons rencontrées dans les camps », a affirmé Joy Ngozi Ezeilo, membre de l’équipe d’experts. « Personne ne mérite de vivre des expériences aussi cruelles qui changent le cours de sa vie. En plus d’avoir perdu leur mari et leur partenaire, ces femmes assument seules la responsabilité de nourrir et de s’occuper de leurs multiples enfants ».
La mission d’enquête s’est rendue au Tchad du 30 juin au 18 juillet. Elle a rencontré des victimes et des survivants du conflit au Soudan, ainsi que des membres de la société civile soudanaise, de la communauté diplomatique et de l’équipe de pays des Nations Unies. Ainsi, la mission a recueilli des avis sur les mesures qui pourraient et devraient être prises pour rompre le cycle récurrent de la violence et faire en sorte que les personnes impliquées dans ces atrocités répondent de leurs actes, que les victimes obtiennent justice et bénéficient d’un soutien.