Les nouvelles autorités au Sénégal mènent une gouvernance « sans cap » qui a mis le pays « en pause » et « dans l’incertitude », affirme l’ex-parti au pouvoir à l’occasion des cents premiers jours du président Bassirou Diomaye Faye.
Le président Faye, 44 ans, investi le 2 avril, a remporté avec éclat la présidentielle de mars face au candidat du pouvoir, avec la promesse de rompre avec l’ancien système. Il doit s’adresser samedi, 13 juillet 2024 à la presse nationale à l’occasion de ses cent premiers jours au pouvoir.
« Les actes inauguraux posés par le nouveau pouvoir ont semé le doute et l’incertitude » chez les Sénégalais, affirme dans un communiqué publié jeudi soir l’Alliance pour la République (APR), le parti fondé par l’ex-président Macky Sall (2012-2024) qui ne s’est pas présenté à la présidentielle de mars après deux mandats.
« Les Sénégalais, qui avaient fondé beaucoup d’espoir sur l’élection du président Bassirou Diomaye Faye, restent préoccupés par l’inexistence du Projet (appellation du programme de gouvernement du nouveau pouvoir) dont la gestation proclamée semble avoir mis fatalement notre pays en mode pause », dit l’APR dans ce communiqué. « Après cent jours, la conviction d’une très large frange de l’opinion est que le président Diomaye (Faye) et son Premier ministre (Ousmane Sonko) n’ont pas de direction. Cette perception accentue la déception et le manque de confiance » des Sénégalais, ajoute-t-elle.
Pour l’APR, les nouvelles autorités « surfent sur la nécessaire reddition des comptes aux relents de chasse aux sorcières pour occulter l’absence de perspectives et le confinement du président de la République par un Premier ministre de plus en plus encombrant et dont la compétence est sujette à caution ».
Les nouvelles autorités ont récemment publié des rapports d’audit mettant en cause la gestion de l’ex-pouvoir, sans aucune arrestation jusqu’ici.