Les meetings ont fait, depuis le 14 avril 2024, que les Tchadiens se rassemblent pour accueillir le candidat de leur choix. Jusqu’ici, deux des dix candidats aspirant diriger l’héritage de Ngarta, Malloum, Goukouny, Habré et Deby se font remarquer par leur popularité : le leader des Transformateurs et celui du MPS font la pluie et le beau jour.
Alors que l’un est Président et l’autre Premier Ministre d’une transition qui arrive à sa fin, les tchadiens sont galvanisés par les deux candidats bien lotis à la Magistrature Suprême. Ils aspirent tous les deux à diriger les hautes sphères de l’État tchadien. L’un fait de la justice et de l’égalité son cheval de bataille, l’autre fait de la sécurité et de l’unité son emblème politique. Les adeptes, militants ou sympathisants de l’un comme de l’autre ont montré, à l’heure du numérique et des réseaux sociaux, leur euphorie.
Dans la foulée d’une campagne, les autres candidats se sont laissés dominer très vite par ces deux-là. La sortie du candidat Alladoum Djarma Balthazar, avec pas plus d’une dizaine de militants, a fait un buzz qui l’a automatiquement disqualifié d’une quelconque popularité.
Ex-cheffe du ministère de l’Enseignement supérieur, Lydie Beassoumda, seule femme parmi les dix, se frotte les mains, mais reste à la queue. Dans un pays où les femmes ont un pourcentage plus élevé que celui des hommes, pourquoi reste-t-elle si impopulaire ? Avec un tel pourcentage social, elle ne pèse pas plus que Balthazar. Pourquoi ? N’a-t-elle pas de projet convaincant ? N’a-t-elle pas de destin à gouverner son pays comme la française Marine Le Pen ?
Ex-Premier Ministre et deuxième avec 10% lors des dernières élections, Pahimi Padacké Albert n’a pas non plus de poids. Brice, Yacine ou encore Nasra et les restes ne peuvent pas être de taille face aux deux hommes forts du pays.
Tels Pétion et Christophe dans la fabuleuse dramaturgie d’Aimé Césaire, Masra Succès et Mahamat Idriss Deby Itno se livrent, dans la campagne électorale, un combat de coqs. L’un se sent l’homme accompli et façonné par les longues études qui font sa personnalité, ses anciennes fonctions dans des organisations bancaires, sa vision politique inspirée d’un Mandela longtemps lésé par un régime de discriminations, l’autre héritier d’un père qui n’a pas pu accomplir sa mission « du Tchad que nous voulons », soucieux de la paix sociale et politique, de la sécurité des citoyens et de leurs biens, mais aussi et surtout d’un Tchad uni et indivisible, les deux personnalités mettent le cap sur la Magistrature Suprême du Tchad.
Qui des deux, Masra Succès et Mahamat Idriss Deby Itno, sera le prochain président de la République du Tchad ? Le pilote ou le copilote ? Les élections seront-elles libres et transparentes avec la participation active des citoyens tchadiens ? Leurs choix seraient-ils pris en compte ? Ou pourrions-nous assister au fameux précepte de feu Oumar Bongo Ondimba, ancien président du Gabon, qui dit : « Comment organiser des élections et les perdre ?! » ? La réalité, c’est que ce scrutin ne fait que commencer.