À la porte du désert, dérangés par un sable qui engloutit les rues, les pas poussiéreux, les lèvres sèches, les habitants de la ville de Mao meurent de soif. Ils ne peuvent, dans les 80% des cas, se permettre de creuser un forage à motricité humaine ou électrique. Mais les yeux restent rivés sur les autorités. En effet, l’eau est devenue une denrée rare à Mao. Le château d’eau, d’une capacité de 600 m³, construit depuis 1972, n’est plus à mesure de couvrir les besoins grandissants de la population.
À Mao, enfants, vieilles personnes et adultes accourent pour stocker de l’eau. Dans le quartier Lakwas, les habitants, récipients en mains, s’agroupent devant la maison d’un voisin. Adoum, que nous avons interrogé, nous informe que c’est très difficile pour les habitants d’accéder à l’eau. « Mes enfants avaient l’habitude de prendre de l’eau de cette façon chez mon quatrième voisin sur cette ligne. On a souffert pendant une année. Alors, j’ai décidé de creuser un forage électrique. Maintenant, ils font du stock dès que notre tour d’électricité arrive. Après quoi ils laissent le tuyau devant le portail pour permettre aux voisins d’en faire autant », laisse-t-il entendre.
Pour cet habitant de Mao, ce sont les femmes qui ont plus à sacrifier dans cette situation. En effet, dit-il, « c’est ma femme qui a pu économiser près de la moitié de l’argent du forage. Dans notre quartier, 90 habitants sur 100 n’ont pas accès à l’eau. À l’époque, si ma femme n’avait pas eu l’idée d’économiser de l’argent, je ne saurais réaliser ça. Mais dans notre quartier, tous nos proches voisins sont dans le besoin. Les responsables, les autorités devraient assister Mao en eau potable », appelle-t-il.
Au quartier Alfari, une jeune femme, tout ce qui est important pour elle, c’est l’eau potable. « Je suis très contente que le président ait promis nous apporter des solutions à la question de l’accès à l’eau. Il le faut et urgemment. Car nous souffrons le martyre pour avoir de l’eau. Imaginez une femme, son enfant au dos, faire 500 à 600 mètres pour chercher un seau d’eau dans ce sable, sous ce soleil. C’est horrible ! », déplore-t-elle, impuissante.
Au marché, une jeune fille, déçue par les premiers responsables du pays, s’attaque aux ressortissants du Kanem. « Ils viennent nous montrer des voitures dont les prix sont très élevés et nous suffoquent pendant des jours avec de la poussière. Mais quand il s’agit d’aider les leurs à avoir accès à l’eau potable, ils sont absents, les cadres du Kanem. C’est une honte, une misère »,regrette-t-elle.