La salle des conférences de la Bibliothèque Nationale a servi de théâtre à la présentation et dédicace du livre de l’écrivain Mahamat Saleh Haroun intitulé « Ma grand-mère était un homme ». Il s’agit d’une œuvre qui traite l’image d’une femme qui a défié le patriarcat dans les années 40.
À l’entame de sa présentation, l’écrivain Brahim Guihini Dadi, a indiqué qu’il faut lire le roman avant de pouvoir se faire une idée du titre. Ce livre a été édité aux éditions Stock dans la collection des nouvelles du réel, en septembre 2024. Il s’agit d’un livre de 230 pages, imprimé sur le papier du journal. Il est composé de 51 chapitres qui sont intitulés ou titrés Haroun, Kaltouma et Mahamat.
« Elle laisse derrière elle son fils unique, qui passera sa jeunesse à lui écrire des lettres qu’il n’enverra jamais. En remontant le fil de ce destin de femme, véritable roman d’aventures sur une terre de soleil et de sang, son petit-fils, Mahamat-Saleh Haroun, dresse une fresque intime de l’histoire emmêlée du Tchad et de la France », a indiqué Brahim Guihini Dadi, critique littéraire et écrivain.
« Ma grand-mère était un homme » est une œuvre qui décrit une femme qui a été la première féministe du Tchad. Pendant vingt ans, Kaltouma a disparu. Née dans un village sous colonisation française, sa vie bascule quand son mari est enrôlé dans les forces françaises contre le nazisme. Lorsque celui-ci rentre vivant de la guerre en 1945 et annonce son désir de prendre une seconde épouse âgée de 13 ans, Kaltouma s’enfuit à cheval dans le désert. Et ce, après avoir signifié à son mari qu’elle le divorçait. Si elle a été comparée à un homme, c’est parce qu’elle fait des choses réservées aux hommes pendant cette période, soutient le présentateur, le critique littéraire Brahim Guihini Dadi.
« Je me souviens de la vie de ma grand-mère telle qu’elle me l’avait racontée. Peut-être pas dans sa globalité, mais ce qu’elle a bien voulu me confier. Les peines et les souffrances, mais aussi les joies et les petits bonheurs savourés. Elle m’a parlé de son inébranlable combat pour demeurer libre, toujours, à une époque où les femmes étaient réduites au silence, dévolues au rôle de simple procréatrice, et rien d’autre », a laissé entendre l’auteur Mahamat-Saleh Haroun.
Réalisateur et écrivain, Mahamat Saleh Haroun est né en 1961 à Abéché, au Tchad, où il a été ministre de la Culture de 2017 à 2018. Ses films ont été primés à la Mostra de Venise, et il a obtenu le prix du jury au Festival de Cannes pour Un homme qui crie. Il a publié aux éditions Gallimard Djibril ou les ombres portées (2017) et Les Culs-Reptiles (Prix Jean-Cormier 2023).