Il y a exactement 49 ans, le Tchad eut son premier crime dans les hautes sphères de l’État. Il s’agit de l’assassinat de Ngarta Tombalbaye, père de l’indépendance du pays, le 13 avril 1975 à Fort-Lamy, aujourd’hui N’Djamena.
Plus d’une décennie après les indépendances, les pays africains nouvellement indépendants ont enregistré quelques assassinats de chefs d’États en exercice, dont le Premier président de la République du Tchad, Ngarta Tombalbaye. Révolutionnaire et africaniste, l’homme au bonnet, l’enfant de Bessada au visage balafré, panafricaniste dans l’âme, a été abattu un 13 avril 1975. Il a été surpris et tué par sa propre force militaire, et ce, trois ans après avoir renvoyé des militaires français du Tchad et instauré la révolution culturelle « la Tchaditude », une unique culture pour le Tchad.
Selon Alhadj Djarma Aboul Anwar, ancien maire de la ville de Fort-Lamy, Ngarta Tombalbaye était devenu gênant pour l’ancienne puissance coloniale, la France. Il accuse Paris d’avoir joué un rôle dans son assassinat. Aussi, trois ans plus tôt, en 1972, Ngarta Tombalbaye avait rompu ses relations avec la France et Israël pour renouer les liens avec le Soudan et la Libye afin qu’ils cessent alors d’aider le Frolinat. Dans le même temps, il s’était tourné vers les États-Unis dans le cadre de la recherche pétrolière au Tchad, un champ prisé par la France et Israël.
Le 15 du même mois, l’ancien commandant de l’Armée Nationale Tchadienne, Félix Malloum, qui avait été arrêté en mars, fut nommé Président par un conseil militaire. Malloum dénonça aussitôt le traité signé par son prédécesseur avec la Libye et reprit le soutien aux rebelles libyens opérant depuis le Tchad.