Depuis le coup d’Etat au Niger, des sanctions fussent de partout. Le Tchad qui partage une frontière avec le Niger ne s’est pas prononcé sur une éventuelle intervention militaire de la Cédéao pour rétablir le président déchu, Mohamed Bazoum. Et si la Cédéao intervient militairement au Niger, quelles seront les conséquences pour le Tchad ?
Entouré de la République centrafricaine qui a très récemment retrouvé sa stabilité, d’un Nigeria éprouvé par la secte Boko Haram, d’une Libye instable et d’un Soudan qui s’embrase sous les bombardements, le Tchad reste bouche cousue. Il soutient, selon certains spécialistes, le probable et problématique décision de la Cédéao. Décision selon laquelle il faut réhabiliter Mohamed Bazoum, président déchu du Niger, par la voie des armes.
Mais, si le Niger rentre dans un conflit militaire, le Tchad prendra un lourd tribut. Selon les dernières observations sur les conflits au Soudan qui a fait des milliers de réfugiés à l’est du Tchad, le pays de Toumaï rencontrera des défis de taille. Surtout qu’il a des difficultés financières énormes, une politique intérieure en crise et des réfugiés nigérians dans les rues de N’Djamena.
Pour la stabilité de la région du Lac Tchad, le président de transition Mahamat Idriss Deby Itno, devrait se tenir contre cette force de réhabilitation de Bazoum. Surtout qu’il a affirmé que « le Tchad continue à plaider pour une solution pacifique. Il soutient le dialogue entre toutes les parties en conflit et appelle à la retenue, à la sérénité et aux pourparlers diplomatiques afin de trouver des issues pacifiques aux crises que traversent ces deux pays frères et voisins ». Aussi, le président de transition a également évoqué l’insécurité qui prévaut au Soudan et au Niger, deux pays voisins du Tchad lors de son discours à la nation à l’occasion de la célébration des 63 ans d’indépendance du Tchad.
Même le Nigeria, qui est une vraie puissance économique, se sent en difficulté d’approbation du processus armé. En effet, les sénateurs du nord et l’ensemble du Sénat nigérian ont constaté les difficultés auxquelles seront confrontées les régions du nord, à la frontière entre le Nigeria et le Niger et ont rejeté la requête du président Tinubu.
Le Tchad devrait s’opposer à une intervention militaire de la Cédéao au Niger. Car il n’est pas prêt pour un autre flux migratoire à l’ouest. Son économie prendra aussi un bon coup.