Business de la friperie : un gagne pain pour les jeunes diplômés sans emploi

Chique et pas trop cher, la friperie, vêtements de seconde main, ou encore appelé communément “Gondja”est une activité informelle qui fait vivre son homme. Au Tchad, plus précisément à N’Djamena, ils sont nombreux, ces jeunes qui se livrent dans cette activité pour gagner leur vie. Ils disent avoir choisi ce secteur par manque d’opportunités de travail.

Du marché central de la capitale en passant par le marché de Dembé, nombreux sont ces jeunes qui, après l’obtention de leurs diplômes de fin de formation, se retrouvent dans ce business. Entre galères, responsabilité familiale et/ou l’envie de se prendre en charge soi-même, les “gondjamen” se disent n’avoir pas le choix.

« Cela fait exactement 4 ans que je me suis lancé dans ce business. Depuis la fin de mes études, je n’ai pas encore trouvé un boulot quelconque dans des institutions, que ce soit privées ou publiques. J’ai une famille à nourrir et donc je ne peux pas rester les bras croisés », confie un jeune débrouillard. « Je m’en sors très bien dans ce business », poursuit-il. Comme ce dernier, Allasra Franklin est aussi diplômé sans emploi et renchérit que ce business est prisé de jour en jour. « Moi, je revends mes marchandises au marché de Dembé. J’ai beaucoup de clients là-bas et je ne vends pas trop cher. Je ne veux pas vivre sous la responsabilité de mes parents, je suis un grand garçon, raison pour laquelle je me sens trop bien comme ça avec mes “gondja”» a-t-il indiqué.

Il faut être là tous les matins, et plus particulièrement les jeudis, jour de déballage, pour voir l’ambiance qu’il y a autour des commerçants. C’est le même rituel avec des voix rythmées dans presque tous les marchés de la capitale. Les clients parfois se bousculent, malgré les bruits et agitations. La vente de ces vêtements de seconde main ne se fait pas seulement dans les marchés. Il y a ces jeunes-là qui se rendent dans des salons de coiffure pour femme, où ils en ressortent le plus souvent satisfaits. Car disent-ils, « dans les salons de coiffure, peu importe le nombre des clients qui y sont, il y en a toujours qui font nous faire la recette ».

Activité rémunératrice de revenu autrefois, la vente de la friperie occupe une place de choix dans ce secteur informel et comporte également des difficultés. Certains commerçants se plaignent évidemment du manque de clients. « Cela fait presque 20 ans que je vends ici au grand marché. Dans les années antérieures, c’est vrai que le marché de friperie était au top. On vendait beaucoup et on gagnait également beaucoup. Mais de nos jours, les prix des balles de ces vêtements ont grimpé et les clients se plaignent aussi de cette cherté. Du coup, ce n’est pas facile pour nous commerçant de nous en sortir. Mais nous remercions Dieu, car on s’en sort », affirme un commerçant.

Prisé par les consommateurs, le marché du gondja au Tchad est devenu le secteur économique de premier plan en offrant des emplois aux diplômés chômeurs et/ou aux mères d’enfants pour subvenir à leur besoin.

Quitter la version mobile